"un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la seule force interne de son style" G. Flaubert
Peut-être qu'ils dorment dans les différentes petites stuggas de bois rouge-falun ? Elle descend rapidement et discrète, le sentier qui mène au ponton sur le lac. Il est maintenant une heure du matin, il y a encore le filet de nuit claire à l'horizon du lac. Peut-être les couples se sont-ils assoupis, assommés des skals et aquavit. On n'entend plus un bruit sinon les oiseaux d'eau de la nuit. Il y a de grands nénuphars blancs et roses aux bulbes gras et vert en plug autour de la brygga. Tu soulèves doucement le taud beige blanchi par les saisons et tu souris en me voyant assis dans cette cabine d'acajou de nuit. Tu as encore un peu froissée cette courte robe blanche avec une fronce qui fait corolle pour l'accès aux cuisses. Je vois les fils de rouge dans le blanc de tes yeux si noir. Tu es venue. Après toutes ces années ou ces rendez-vous dans des nuits de friches. Le bois vernis des cabines, bastingages, caissons… luisent comme des langues ajoutées au fil des entretiens. Le poste de pilotage du Petterson boat est d'un acajou roux. Il est chaud encore de la sortie du jour vers des îles du lac inhabitées. Tu te poses à l'avant accoudée au pupitre de barre. Tu regardes au loin vers le soleil disparu. Prête à partir dans ce yacht 1924 au mouillage. Je me pose derrière toi. Je caresse les cheveux, descends les épaules. J'ai ma bouche enfouie dans tes cheveux. Je te serre et tu te laisses blottir. Je descends à la croupe et remonte le coton de robe et expose à la nuit tout ton grand cul noir. Il y a le string de dentelles blanches défaits par ce dîner et je le mets à tes chevilles et que tu chasses avec tes mocassins de peaux beiges, pour te caller pieds nus dans ce grand bateau de nuit. Je me mets à genou devant l'opulence que tu m'offres en première effraction de nos vies. Je lisse et caresse la croupe comme un marbre chaud de Delos. Nous avons tant parlé toutes ces années. Tu respires un peu fort et il y a comme un souffle de la gorge et qui monte du ventre qui tremble un peu. Il y a une rumeur de plainte chaude alors que j'écarte les deux lobes fermes et gras que tu me tends. Il y a cet œil froncé de noir et dans les multiples plis si fin de ton anus chiffonné ayant échappé aux épilations glabres que tu te faits à ton pubis si lice, les aisselles, les jambes… il y a 3 poils très noirs crépus qui exhibent l'épaisseur de ton sang d'Afrique. Pourquoi après nos écritures à quatre main, ces conversations, une telle hypnose de cet œil inviolé. Tout respire et ne bouge pas. Tu me laisses soudain en offrande après tant de vies distantes et parallèles ce trou violet de fronces. Délicatement comme les pétales de roses, je viens juste et poser la langue huileuse de bave. Je te lèche les peaux extérieures de l'anus. Je prends un temps très lent et très long comme si nous avions maintenant la nuit pour se mettre mal. Je lisse et lisse la surface jusqu'à détendre et tromper un moment la congestion de l'œil. A mesure que je passe, déplie, découvre, m'immisce, il y a ta voix qui glisse du feule au groin. C'est un grognement de ton ogre qui peu à peu remontant du fond de tes âges irrigue ton sang. Il y a encore les filets rouges de sang qui colorent peu à peu les iris comme ta colère qui cède, renonce, succombe. Tu cambres le cul qui sature peu à peu ma vue, ma vie, ma brume de conscience. Je te lèche le cul, les grandes masses lisses de peau métisse, je te lèche l'anus avec ma main glissé devant pour couvrir l'eau, les fuites, la supuration de cyprine et la fragilité tétanisée du bouton. Je caresse la grande croupe avec de fines lignes plus claires qui ont tailladées la chaire quand à l'adolescence l'oppulence pour la reproduction a élargi le bassin pour mettre bas. Je te lèche sans fin soigneusement le trou. A mesure que tu l'offres et qu'il se détend, les boyaux de ton monde intérieur vont laisser apparaître le jour pour la première fois dans les remugles de tes viscères. J'ai les mains calées à tes hanches et je mouille consciencieusement la petite peau mauve et flétrie qui nous est pourquoi un tel infini. Tu ruisselles dans ma main et pleures en silence de toutes ces rencontres que nous avons écartées. Le lac est d'huile et le bateau bouge à peine arrimé au bois devenu gris de la brygga longue. Il y a juste le léger clapotis de la nuit et d'un peu d'air dans les joncs. Il y a les bulbes très gras des nénuphars fanées comme des anus picket vert et huileux qui pourraient te faire cette longue queue végétale. Il y a ton trou de marnes claires où tu dis de tes choses des mers, éponges, crêtes, cils et ce qui boute dans tes reins. La fripure de ta peau d'un anus tant sodomisé qui se tend comme une si fine porcelaine que soignent mes doigts et ma langue. Tu ne dis rien. Nous restons ainsi à l'abri de cette toile épaisse et rêche. La vapeur de ce confinement d'acajou nous met en nage et je recueille ta sueur un peu aigre qui ruisselle dans la raie. Je n'écarte rien pour laisser venir ta musique intérieure et l'idée seule de ta robe montée aux épaules ouvre un accès sourd au murmure de ta joie et de ta défécation. Et puis tu retires la robe, te cambre un peu pour l'analincte. Toute la beauté de croupe. Tu me dis des mots sans te retourner et je m'occupe de toi. Le sphincter se détend et bave un peu. Il y a de l'eau douce qui coule de ton trou que lisse et fouille ma langue. Je remonte le cours de l'orenoque sans parler. Il y a une chaleur d'étuve dans ton boyau qui se defait et attend le grand comblement. Maintenant.