"un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la seule force interne de son style" G. Flaubert
Le Palais a été rebâti par Cixi en 1886. On y trouve quelques flambeaux et soies sauvés du sac du Palais le 7 octobre 1860. Armand Lucy détaille dans ses lettres des porcelaines et des objets oblongs de cuir pour se réjouir. Carry a repéré les escaliers de marbre et les différents étages du second Palais. Sécurité et gardes partout mais nous ne voyons pas de camera. Nous cherchons à échapper aux regards. Nous suivons chaque petit palais et les portes qui coulissent avec des papiers peints défraîchis adossée auxquels la sueur de He Rong Er a marqué. Elle est assise sur des laques les jambes éventrées, épuisée des linctus de Leys en 1911. Carry à ce fourreau de soie souple de l’été et les mamelons qui mouillent de chaleur. En nage avec les sueurs en perles sur ton visage arrivés aux balustres de la Parfaite Sagesse. Je te regarde luire dans la chaleur lourde et humide. Installés pour quelques jours sur le lac Kunming au nord-ouest de Pékin, l’hôtel est à portée de marche de ce second Palais d’Été de la ruine de Cixi. Nous remontons la galerie couverte Changlang le long du lac vers le Palais des Nuages ordonnés. Les enchevêtrements d’escaliers gravissent le versant sud. La vue est sans limite des galeries de ce pavillon de la Mer de la parfaite sagesse, tout le lac Kunming, les îles, les ponts, l’encombrement des barques et la vue brumeuse sur Pékin et les collines de l’ouest.
Nous redescendons avec la lumière qui baisse par le Pavillon des fragrances et il y a une multitude de cloisons d’acajou et de soie vieillies. Nous nous glissons entre les palissages de l’alcôve d’un grand lit jaune et soudain nous sommes hors de toute vue.
Il n’y a pas d’électricité et des gardiens font redescendre les derniers visiteurs. Nous ne bougeons pas jusqu’à la nuit tapis dans cette double cloison du Pavillon pour écouter le chant du rossignol. La nuit chaude qui vient par lents paliers, un peu plus noire à chaque heure, dans le palais d’été de Pékin à l’abandon. Il n’y a plus personne que les bruits de la nuit chaude et des insectes du mois d’août à Beijing. Nous déplaçons à gestes feutrés les panneaux et restons accroupis pour avancer dans les pièces, avec les lumières de quelques barques qui se déplacent en contrebas sur le lac pour des fêtes la nuit ou sur les digues et les îles de la Clarté parfaite. Nous sommes plus que les seuls humains dans les pavillons silencieux du Palais d’été. We did it.
Tu me serrs la main et t’agrippes à ma chemise. Il y a ce jeu de tables de rose et de métal art déco et en assemblage géométrique, des divans bas, de très grands vases de porcelaine ou l’on pourrait autant se dissimuler. Nous restons comme aux premiers ruts à quatre pattes à jouir de cette vue, des soies jaunes et de nous lécher les groins. Ta belle bouche rouge, le petit chevauchement du sourire de tes deux incisives et que nous commençons par nous lécher les langues et les lèvres de ce que la situation nous met en sueur et comme en tremblement. On se devine. Je touche ta joue, tes cheveux raides et noirs coupés sauvage. Tu viens défaire les boutons de ma chemise, la ceinture, le jean autant que je défais un à un les boutons de côté de ta ganse de soie changshan. Tu as tes seins nus et aucune culotte et je retire ce qui me reste de boxer. Nous sommes nus en sueur seul dans le Palais d’été des derniers empereurs de Chine. Tu as lancé Zhixin en 2022 à Pékin. Tu as repris la boxe et mis une salle de sport dans les bureaux. Tu me mets sur le dos et me prends la verge bandée face au lac en écrasant ta ruisselante vulve de chaleur et d’excitation sur le visage. Tu me suces avec la vigueur d’une sodomie qui menace de me faire gicler si vite alors que de mes deux mains j’écarte maintenant en grand les masses de ton cul ferme et soyeux de blanc.
Il y a sur chaque panneau entre les fenêtres des encres d’oiseaux, de calligraphies et de fleurs. Tous les chiffonnements de pétales des pivoines ne sont que d’innombrables portraits de vulves défaites après des orgasmes trop longs du temps des hougongs et concubines. Il y a toute la velure de ton cul et de ta chatte dans mes yeux que tu laisses proliférer sauvage cette année comme un retour aux goûts de la terre, des pierres et des mousses du patio de notre suite à l’hôtel Aman. Avec les années et malgré les rameurs, tes nymphes et le bâillement des lèvres ne se tiennent plus. Nos corps amollis s’exposent et se mouillent. Tu ne retiens pas la douceur de toute ta proliférance de vulve que je lèche, suce, caresse des doigts. Je te lisse comme ces années ou tes violettes serrées étaient glabres. J’ai ma main qui enfourne et dilate encore un peu plus ta vulve avant d’attaquer l’anus. Tu sers si fort ta bouche sur ma hampe et cherches la congestion d’une main alors que l’autre continue de fragiliser la corolle contrainte de mon anus.
La nuit s’installe sans souffle d’air avec la chaleur qui ne baisse pas et notre sueur qui monte en gouttelettes sur le front, les cuisses, le ventre et qui s’écoule le long de nos raies de pourceaux. Avec grande lenteur nous ajustons nos rythmes et nos léchages, succions, mictions avec des eaux chaudes et jaunes qui nous échappent et nous lavent les visages aux saccades lentes des orgasmes encore tenus. Il faut que tout lentement à l’intérieur de nous se déplie, feuille par feuille. Carrie, combien d’années sans se voir ? Depuis Philadelphia, Moscou ou Cape Town ? Tu m’inondes de pisse et de cyprine le visage et je mets ton visage en fontaine. Les flaques gagnent sur les belles dalles de pierre que les tapis ne protègent plus. Nous nous liquéfions dans tant de chaleur la nuit. Tu as la voracité de nos premières rencontres dans un couloir d’hôtel sans parler et avec fougues après un séjour à Hong-Kong. La lenteur du défroissement de nos viscères, l’un après l’autre, comme lorsqu’un olisbos de disproportion nous suffoque et nous étouffe quasi.
Nos vies sont parallèles et cette faim inapaisée se lâche de ce trou dans le contrôle du monde. Nous sommes seuls en Chine dans ce monde où plus rien n’échappe dans le palais d’été de l’impératrice Cixi à se préparer pour le grand rut à deux dos dans l’ignorance de tous. Un instant tu t’interromps. Un bruit dehors ? Quelqu’un ? De la sécurité ? Mais rien. Personne ne penserait plus à pareil sacrilège ou hommage à la brutalité nue de la nature. Tu suces, je lèche comme une clepsydre qui veut tenir. Le tempo est lent et tente toujours de devenir plus lent encore. Tu me suces ma verge turgescente et je lèche ta vulve qui ruisselle comme pour la nuit des temps. Je caresse toute la peau douce de tes croupes et cuisses et je commence à endolorir ton sphincter que je dilate. Il y a trop de doigts que j’y enfourne, bientôt le poignet pour te suffoquer les boyaux en dépossession de tout et de toi en représailles de ton fisting ou maintenant tu rentres et sors par saccades toute ta main et au-delà de ton poignet du fond de mon cul avec des glaires de sang et des larmes qui ont fini de brouiller toute ma vue. Il faut encore nous fatiguer la viande. Il faut encore attendre et épuiser toute maîtrise et contrôle de l’abandon des coïts. Il y a la nuit pour tenir et nous détruire les corps et les trous et la rage que nos vies nous laissent à extirper. Il y a nos râles maintenant dans la nuit qui battent la mesure de nos masturbations en attendant la station du pavillon du grand coït céleste et perforation de jade. Il y a des éclats de voix des dîners sur les bateaux croisières en contrebas. Nous sommes nus et luisant dans ce pavillon des princes et nous allons nous mettre en place pour la grande scène. Il y a des bassins de pierres chaudes pour les soins de la suite du Palace d’Aman vers les ruines du palace des saccages par les Français et les Anglais en 1860. Il y a les tables basses avec des géométries compliqués art déco et les estrades des alcôves face au lac. Tu t’allonges sur le grand lit jaune de quels eunuques ou princes domptés par l’impératrice. La sueur ne sèche pas et je viens de mes mains caresser toute cette eau d’huile. Il y a tes mamelons gras et marron foncé qui ne bandent plus. Je lèche méticuleusement tes auréoles. Tu me regardes faire en total passivité. Tu laisses se détendre tous les éventrements que l’on s’est fait. Nous sommes liquides. Je bouge le flasque doux des mamelles à l’étal. Je bande et rode autour de tes fils qui me placent et me déplacent. Tu écartes larges tes cuisses remontes la croupe jusqu’à l’exposition de l’obturation du monde. Tu es un bâillement de rouge et mauve. Tu prends tes pieds pour tenir cette grande béance des deux trous dans lesquels tu vas chercher à placer mon encombrement. Il va falloir saturer le vide et forcer les muscles qui se défont. Tu es là avec ta vulve et tes grosses lèvres violettes. Tu as tout ton pubis noir et hirsute hagard qui suinte par mèches. Nuit noire dans les hauteurs de Pékin. Tu restes là à laisser ma bouche lécher toutes les sueurs du jour, je lèche les aréoles, les cheveux, les yeux, ta langue et les aisselles glabres, je lèche le pubis, les poils et l’anus, comme ces nœuds des papiers peints avec le double œillet vert des anus sodomisés des étés de Cixi. Il y a le petit bourrelet resserré du sphincter vert et la mousse de petits poils d’anus qui font de petites couronnes vertes qui se répètent. Je te lèche et le trou compliqué de ton nombril, comme je t’ai léché à Londres, à Philadelphie, à Tallinn et Cape Town. J’ai gardé le goût léger de tes sueurs. Tu me redis les scènes dans des couloirs, des antichambres et les hôtels et tu appuies sur ma tête pour que je continue la lubrification de toutes ta nudité qui luit.
Il y a qui monte maintenant du bord du lac un joueur de qin avec des notes graves et espacées qui se découpent jusque dans nos pièces vides. Tu me prends comme un grand jade de cuir que tu places et mets en mouvement pour combler ton exposition. Quelques images, tes plaintes comme d’une voix rauque. A quelle distance irréductible sommes-nous l’un de l’autre ? Est-ce que le temps de ces rencontres de loin en loin n'est pas ce qui nous met tant de proximité à mesure que ma verge de congestion se pose sur ta vulve comme retroussée d’eau de glaires et de cyprine ? On se pénètre comme dans du mou et je viens m’écraser sur tes seins, ton ventre ton visage et je redresse encore ta croupe avec mes errements de sexe dans toi. Nous fouillons nos bouches avec étouffement et voracité comme à l’effraction de notre première trahison. Tu me contrains et écrases si fort nos poids d’adipe et de graisse à essayer de fondre nos corps. C’est l’huile, la contusion et la clé qui nous fusionne de sueur. Les saccades de coït et de viandes mélangées pour tenir l’instant d’illusion que nous pourrions être ensemble. Tu es toujours repartie. Nous ne prenons pas le temps de partager des nouvelles. Juste de loin en loin des détails qu’on laisse sur des réseaux sociaux. Mais là tu geins si fort et le rut qui rentre et sort comme en pause image sur image dans cette nuit opaque sur les jardins des Eaux d’or de la dynastie Jin. Y a-t-il quelque chose de proche ou de commun dans nos vies séparées ? Et cela serait-il différent si nous avions passé toutes ces années ensemble ? Qu’est-ce qui m’irradie de toi quand avec la puissance du papier de riz ma verge pénètre comme à l’arrêt dans ta vulve ? Il y a un déchirement intime à l’instant de notre copulation. Ne pas se remettre de cet accouplement. Il n’y a que nos gémissements rauques et épuisés qui se mélangent aux notes tenues du qin dans le silence des pièces vides du Palais d’été. Tu es Carry, si loin, si fusionnée de sueur et de visque à crier, chercher, quelque chose que je ne comprends pas en chinois. Je tremble dans le monde partout quand je pense à toi.