Tu es lisse de sueur et d’huiles de bain.
Il y a un réglage du jacuzzi en inondation de micro-bulles. Par la baie immense de la salle de bain, ce sont les rafales de tempête à plus de 50 noeuds qui nettoient à perte de vue le Pacifique
noir. Ecumes des vagues qui montent dans le silence de la chambre. Presque nuit d’obscurité vers l’océan. La vasque est ovale et blanche et je rampe le long de toi. Embué de moiteur. Tes cheveux
par mèches collés au visage. Au fond de toi. Eviter de laisser l’eau t’envahir. Ventousés. Qui se tordent et se cognent. Sombrer longtemps sous la ligne de surface. Jusqu’à l’étouffement. Comme
une panique. Remuer comme des orques lentes. Faible houle face au déchainement de ces fureurs d’eau fracassées aux roches noires des confins canadiens. La peau molle de ruissellement et de
chaleurs. Après le moment rauque, il y a comme des filaments de méduses qui s’accrochent dans l’eau à tes poils.