"un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la seule force interne de son style" G. Flaubert
J’écarte la pulpe. Deux cosses. Deux pelures épaisses et lissées de cire. Tes bourrelures de peau que j’épluche, que j’écarte entre le pousse et l’index. En faire rendre l’eau. En exposer le rose. Les fripures de rouge mouillés. Tes fine petites lèvres comme des crêtes avachies. Qui apparaissent, émergent, se déchiffonnent. Je te déplie. Je t’expose. Je prends le jus. Je suce et j’aspire. Les vastes orbes blancs intacts de ton cul que j’écarte. Des plages de sable. Ton œil mauve qui me dévisage avec de part et d’autres les voilages vaporeux de la fenêtre qui bougent un peu dans un vent Pacifique et la vue qui se dégage au loin quand ce fruit que je dévore devient flou… La grande chambre opale et glauque, les voilages amendes brodés d’argent, l’écume au loin d’un océan intranquille et toi épandue sur un cuir craquelé de Cordoue du vieux bureaux m’exposant ton seul callypage nu et suintant dont tes deux mains m’écartent la raie.
Que je te lèche à livre ouvert.
Je vois peu à peu vivre ton œil. Je le voie respirer. Fuir. Il se gonfle et se golfe à mesure que je le lèche. Ton grand bâillement d’eau onctueuse et un peu lubricte. Comme une petite sueur qui fait briller peu à peu tout ton cul avec ton anus offert et tout le pli bas lissé de cire. Te dévorer par les entrailles pour comprendre ou apaiser cette faim qui inonde notre vie Pacifique. Je rentre et déchiffre les augures de tissus rouges. Je force et détend ta vie. Comme un retroussement de sphincter. Un velours de toi. Une panse d’intérieur.
Les petits bouillons de sperme qui dégorgent par saccades, par relâchement et désarroi dans un matin de Californie.