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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 16:28

La peau chaude et amollie par la douche, je remonte le couloir. L'argent un peu frappé de la cafetière laissée et le plateau, les petites viennoiseries reparties. Et tu es là, surprise, hésitante. Fière et gênée. J'approche. Je mets la main que tu retiens vers la soie synthétique dessinant les seins. Tu me regardes faire. Tu t'excuses, je te retiens. Nu juste, la serviette blanche de l'hôtel et le savon orange verte de la douche. Tu souris.

Je vais refermer la porte. Il y a peu de temps.

Tu dis non je ne peux pas et je touche ton visage. Le noir qui me regarde, qui me regarde faire. Ce moment qui hésite, qui résiste, qui ne consent pas, qui ne se rebelle pas. J'ai de l'eau encore sur la peau, je bande, l'ogive de mauve avec un peu de perle à l'urètre. Mes yeux se brouillent. J'embellis ton visage, tu ne bouges pas, tu veux bien et tu ne veux pas. Je pèse sur l'épaule, je caresse la tempe et te plie pour que tu me fasses du bien. Pour que tu me fasses du bien.

Je bande. Je ne sais plus. Je ne vois plus. Tu parles, j'essaie de te rassurer. Je te rassures. Tu ne sais plus. Je te parle. Le sang bat dans mes yeux. Il y a la vue sur Time Square où la neige de décembre me revient dans des images. La chaleur de Manhattan et la climatisation des hôtels. La vie qui court et tout qui se ralentit. Le monde qui gonfle et se rétrécit. Il n'y a plus le son. Tout commence à flotter. Le désir immense qui m'envahit. Il y a de l'ouate qui agrandit l'espace et resserre toutes nos vies possibles. Le simple et irrépressible désir de jouir. Tu restes le genou à terre et le visage qui fait son affaire. Tu t'agrippes à mes mains et compresse mon sexe de ta bouche qui fait vite. Tu suces, tu me suces, tu ralentis et tu accélères, et tu baves un peu. Tu regardes mon visage qui part. Il y a le rose que je connais au fond de toi. Le rose dans les petites pulpes noirs de tes lèvres qu'un coton blanc tirebouchonne. L'infini du monde et des nuits qui se congestionne dans ma tête pour la petite émission de blanc. Tu me congestionnes des gencives pour que je vienne, pour que je vienne, et je tiens ton visage dans le rythme, qu'il en finisse. Et puis ça vient. Tout vient. Tu as un hoquet. Je suis au fond. Je viens dans ta bouche. Dans ta gorge. Ta salive. Ton essoufflement. Je suis hagard. Tu ne sais plus. Tu me regardes, tu te remets un peu, reprends le charriot. Hagard. Le temps que la ouate se disperse. La rumeur de New York. Le sens de tout ça. D'aussi loin que remonte le coït. La ruse de la biologie aux racines d'avant les livres et l'internet pour la reproduction de l'espèce... Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys Le vent baise ses seins et déploie en corole - On entend dans les bois lointains des hallalis.

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