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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 12:06

Je le pose. Je te sens absente ou ouverte ou offerte. Tu as arraché cette journée. Tu la veux. Et tout est si compliqué, le plaisir si loin pour toi ces années. Tu n’attends pas d’orgasme. Jamais la première fois. Tu veux juste cet abandon. Ce premier abandon. Ce coït, cette sueur, être là dans le sombre des lourds rideaux tirés en plein jour de ce printemps. En dehors de tout. Tu veux pleurer. Tu veux tes râles, t’essouffler, ruisseler de l’éventrement. Tu veux que tout soit doux. Immensément doux. Je le pose. Je le pose sur l’anus. Boursoufflé de rose luisant. Ma porcelaine. A peine entrée dans la chambre. Doucement. Feutré. Se frôlant. Je touche tes mains. Tes doigts. Je touche ton visage. Tes yeux. Tu les fermes. Je te retourne. Il y a une table avec de la marqueterie et du cuir. Je te penche. Te pose le visage et les seins sur la table. Je passe la main et défait ton pantalon de gris qui tombe aux genoux. J’écarte juste le noir de ta culotte avec un bord discret. Je dégage la raie. C’est aussi doux que ta joue. Que ta main. Je fais descendre deux doigts du haut de la raie jusqu’à la commissure sèche de ta vulve close. Et je pose mon gland sur ton anus serré. D’où, quand, pourquoi cette envie parfois de te faire mal. D’un coup de forcer le sphincter obturer qui irrite et blesse le prépuce qui ne passe pas. Mais je ne le fait jamais. Jamais mal. Je le lis. Je l’écris. Mais je ne le fais jamais. Tu n’attends rien. Tu es prête à tout. Tu ne sais pas. Tu n’as rien refusé. Tu as les yeux ouverts, la joue un peu écrasée sur la table; tu attends la sodomie, de dos, organique, si je veux la sodomie. Tu es ailleurs. Tellement ailleurs. Ce moment pour toi. Peu importe la brutalité de la reproduction de l’espèce qui m’aspire. Comme loin un peu de ton corps. Ta solitude immense. Nos solitudes immenses. J’appuie un peu, tout doucement, pour la sensation de la sodomie. C’est tout. Vite, je me mets nu, chaussures, chaussettes, caleçon, pantalon et le reste. Je suis nu dans ton dos. Ton cul qui sort maladroitement de ta culotte que j’ai mis de travers, le pantalon en vrac tombé vers la pliure des genoux. Tu n’as pas bougé. Je te regarde. Un peu à distance. Avec mon seul sexe dressé. Je m’approche. Relève ton visage. Tu défais culotte, talons et pantalon qui t’encombre. Je touche ton visage. La joue douce du revers lent des doigts. Je vois le blond en désordre de tes cheveux dans la paire d’oblongs byzantins.

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