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26 décembre 2009 6 26 /12 /décembre /2009 22:53
A l’écart du lac, avec ses jardins désormais à l’abandon, l’hotel sans plus aucun client et des insectes dans les suites de bains. Les draps rèches et auréolés de jaune. Une faible ampoule nue au plafond d’une suite immense.  Je touche la peau. Je regarde. Pourquoi ? Un petit espace de peau. Son relief. Son grain. Pourquoi celui-ci plutôt que n’importe qu’elle autre ? le poignet ? le genou ? le trou chiffoné sans ordre du nombril ? Je bouge un peu cette peau. J’entends ton souffle. Mais je regarde juste ma fascination pour rien. Je bouge, presse un peu écarte ce très léger bourrelement de peau. Le moment où ces deux bords joints, qui collent encore, se disjoignent. Le monde infini, rouge, qui m’obsède et m’accapare, qui soudain envahit comme une tâche mon cerveau. Le monde devient aveugle. Tout se rassemble, se concentre. Il n’y a rien. 20 cm2 de peau, ça pourrait être la mienne, n’importe quoi, mais c’est cette fente avec des poils frippés sans épilations entre les jambes au bas du ventre. Toute femme en dispose comme d’une épaule, d’une joue, d’un auriculaire... et pourtant c’est une magie. Comment la biologie a-t-elle inscrit ce mécanisme dans mes neuronnes ? Comment rien de plus devient si vite la totalité de tout, le désir, l’infini, le sens et l’obsession ? Mon doigt te caresse. Entre-ouvre. Touche. Doucement. Que monte un peu d’eau. Que tu soupires. Bien sûr c’est une fleur qui s’ouvre. Une vulve. Une algue. Une anémone de mer avec ses longs bras de glu. Je regarde vivre cette plante entre tes jambes. J’ai envie de lécher cette vie. L’espèce qui nous ignore et peu à peu nous possède pour son obsessive perpétuation. Flottant comme de longues méduses phosphorescentes dans une mer noire des grands fonds. Personne n’y peut rien. Je vaquais et sur cet immense lit défait du palais abandonné du Mont Abu, je lisse d’un doigt les poils qui couvrent l’arque de cette grande lèvre. Je m’attarde au delta, la jointure ou l’organe qui t’habite t’envahit avec la même voracité. L’embouchure du monde, de ton ventre, l’urine, la cyprine, le sang. Je passe de l’une à l’autre. M’immisce dans la fragilité des petites lèvres que je voudrais manger. Je t’expose. Ici.

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commentaires

Beaverstef 27/12/2009 11:20


Exposez la aussi souvent que vous le voulez... Sourire!
Et pour ce qui est de la découverte de la communauté, j'espère que vous y prendrez autant de plaisir que moi à vous lire.
Je vous embrasse et bonnes fêtes de fin d'année
Beav'


Cathley 10/01/2010 12:10


j'y furète pour l'heure...